Floris Generica - Eduardo Catalano                               Buenos Aires, Argentina


  
Interview à Serge Arpin y Carole Hame
Irma Morosini

 

Realizada en el 2º Congreso Internacional de Terapia Familiar Psicoanalítica, Montreal, Agosto de 2006

 

 

Irma Morosini: En tant que Présidents du 2° Congrès International de Thérapie Familial Psychanalytique, nous aimerions expliquer aux lecteurs l’importance de ce Congrès dans le monde scientifique actuel. Pouvez – vous expliquer pourquoi vous avez choisi  « Les ancêtres » comme sujet ?

Serge Arpin : C’est un thème  qui rejoint plusieurs axes.  La transmission de la culture à travers la famille, comme l’a écrit Aulagnier dans la Violence de l’interprétation, dans son chapitre sur le contrat narcissique. C’est aussi un thème chez Freud, développé dans Totem et tabou, dans Pour introduire le narcissisme etc., où il s’interrogeait sur la transmission de la pathologie entre les générations.  Il écrivait aussi que l’individu est à lui-même sa propre fin et un maillon dans la chaîne des générations. La transmission psychique entre les générations, longuement développé par Kaës, Eiguer etc. est sûrement un thème central pour ceux qui interviennent auprès des couples et des familles.

Nous avons choisi le terme « ancêtre », plutôt que tout autre dans le titre, parce qu’il a une signification très forte, avec une polysémie, dans toutes les cultures.

 

Irma Morosini : En tant que Présidents du 2° Congrès International de Thérapie Familial Psychanalytique, nous aimerions expliquer aux lecteurs l’importance de ce Congrès dans le monde scientifique actuel? Pouvez-vous expliquer pourquoi vous avez choisi « Les ancêtres » comme sujet ?

S. Arpin : C’est un thème  qui rejoint plusieurs axes. La transmission de la culture à travers la famille, comme l’a écrit Aulagnier dans la Violence de l’interprétation, dans son chapitre sur le contrat narcissique. C’est aussi un thème chez Freud, développé dans Totem et tabou, dans Pour introduire le narcissisme etc., où il s’interrogeait sur la transmission de la pathologie entre les générations.  Il écrivait aussi que l’individu est à lui-même sa propre fin et un maillon dans la chaîne des générations. La transmission psychique entre les générations, longuement développé par Kaës, Eiguer etc. est sûrement un thème central pour ceux qui interviennent auprès des couples et des familles.

Nous avons choisi le terme « ancêtre », plutôt que tout autre dans le titre, parce qu’il a une signification très forte, avec une polysémie, dans toutes les cultures.

 

Irma Morosini : La répercussion du Congrès aussi bien pour le Canada q’ au niveau international a-t-elle été celle que vous attendiez ? (degré de participation, travaux présentés,  etc.).

Carole Hamel : Au niveau international, nous avons été très satisfaits de la réponse à l’appel des communications.  Nous avons reçu plus de 120 propositions.  Mais nous avons été déçus de la participation canadienne. La psychanalyse conjugale et familiale se développe à peine au Québec. En fait, c’est nous qui sommes en train de l’instaurer de façon plus formelle depuis cinq ans.

 

Irma Morosini : Quelles sont les thématiques les plus importants traités dan ce Congrès?

S. Arpin : Pour cette question, il faudrait se référer au programme du congrès[1].

 

Irma Morosini : Dans ce Congrès il y a eu des travaux relatifs à l’etno – transgénérationnel ce qui est novateur cela est – il lié aux difficultés d’intégration de familles de cultures et d’origines différentes  de nous jours dans un monde globalisé ?

S. Arpin : Dans les travaux de l’ethno, on a traité du choc traumatique précédent la migration, par exemple, fuite d’une situation d’insurrection, génocide Rwandais ou encore la situation traumatique des amérindiens face à l’acculturation forcée par le gouvernement canadien. Ces chocs pré-migratoires hypothèquent les capacités d’adaptation à la société d’accueil et fragilisent la structure familiale. 

 

 

Irma Morosini : – Avez – vous déjà travaillé avec des familles dont les enfants sont nés par fertilisation avec assistance, dans ce cas quels en sont les conséquences sur le psychisme ?

C. Hamel : Aucun de nous ne l’a fait.

 

Irma Morosini : Que se passe – t – il chez les enfants des familles homoparentales?

Carole Hamel : Nous n’avons pas cette expérience. 

 

Irma Morosini : D’après vous les problèmes de couple qui se séparent sont –ils dus à des questions provenant des chaînes transgenerationnelles ?

S. Arpin : Sûrement que les séparations sont dues à des facteurs multiples, pas seulement un.  Mais il est certain que les enjeux de filiation contribuent aux problèmes d’affiliation du couple.

 

Irma Morosini : Comment ces problèmes se transmettent-ils aux enfants?

Carole Hamel : Un des pivots majeurs de la transmission se fait à travers l’identification, projective etc. et une transmission plus problématique qui se ferait par incorporation plutôt que par introjection. Il ne faut pas oublier la situation tragique de la transmission de la non-transmission.

 

Irma Morosini : Dans les cas de violence familiale sous toutes ses formes, pensez – vous qu’il y ait en rapport avec des fractures dans la transmission ?

S. Arpin : Une famille qui perdrait le cadre de la différence des générations, des sexes etc. se verrait basculer dans la possible violence.  Maintenant, la violence peut être l’élément qui se transmet dans une chaîne générationnelle jusqu’à ce qu’un membre élabore et symbolise les agirs pour transmettre autre chose.

 

Irma Morosini : Pouvez – vous nous raconter votre manière d’aborder le travail avec des familles et de couple dans votre institution canadienne ?

S. Arpin : Nous suivons principalement le modèle français psychanalytique introduit par Ruffiot, Eiguer, Decherf et Caillot.  Nous nous appuyons beaucoup sur la théorisation de Kaës.

 

Irma Morosini : Quelles sont les consultations et les problèmes les plus fréquents des couples  et familles du Canada ?

Carole Hamel : Plusieurs demandes touchent les familles reconstituées.  La famille consulte suite à une séparation pour les douleurs des enfants.  Pour le reste tout dépend du cadre dans lequel l’intervenant exerce. Psychiatrie, délinquances etc.

 

Irma Morosini : Comment voyez-vous la famille aujourd’hui ?

Carole Hamel : Difficile pour nous de répondre à cette question, nous n’avons pas une position sociologique.

 

Irma Morosini : La clôture du Congrès International approche, savez-vous où et quand aura lieu le prochain Congrès de TFP et quel en sera le sujet ?

S. Arpin : Probablement que le prochain congrès aura lieu, en Espagne, à Barcelone, en juillet 2008.

 

Irma Morosini : Merci beaucoup pour ces répons qui paraîtront dans le prochain numéro de la Revue Psychanalyse & Intersubjectivité

 


[1] Este tema se desarrolla en el comentario sobre el 2º Congreso Internacional de Terapia Familiar Psicoanalítica publicado en éste número.